
Être un bon leader, l’approche d’efficacité
Quel manager, soucieux d’efficacité, ne s’est jamais posé la question :
« quelle manière adopter pour devenir un bon leader dans son domaine professionnel ?«
Voici la réponse, somme toute, extrêmement simple :
90 % du leadership repose sur le CARACTÈRE.
Oui, c’est essentiellement le CARACTÈRE qui permet de développer de bonnes relations interpersonnelles, de mener les autres, de leur faire VRAIMENT confiance pour que ce qui est à faire soit fait (et non pas faire faire ce qui doit être fait !), etc. ; et il n’y a pas d’alternative quant à ‘l’outil’ à utiliser : .
Car, c’est grâce à l’éthique que le caractère doit être forgé : « Un grand leader ne sert que lui-même. Un bon leader sert les autres » (CHIBBER M. L., général indien dans son livre Leadership, 1998). Ainsi, le bon leader s’évalue à l’empreinte qu’il laisse.
Il n’y a donc pas de recette miracle : pour devenir un bon leader, prenons conscience que 90 % de son LEADERSHIP repose sur son propre CARACTÈRE qui doit être développé selon l’ETHIQUE. Ceci nous amène à poser deux questions :
- qui peut être un bon leader ?
- quels principes président à un bon leadership ?
1. Qui peut être un bon leader ?
Tout le monde peut devenir un bon leader. Cela dépend de soi car, être un bon leader consiste en une démarche primordiale d’harmonisation de ses pensées, de ses paroles et de ses actes : il dit ce qu’il pense, il fait ce qu’il dit. Ainsi, le bon leader est-il dénué d’avidité, d’égocentrisme, de jalousie, de désir, d’hypocrisie, etc., il apparaît donc plutôt transparent, franc et honnête. En conséquence, ses interlocuteurs lui accordent-ils leur confiance.
2. Quels principes président à un leadership d’excellence ?
Il sont au nombre de quatre : ÊTRE, FAIRE, VOIR et DIRE
- L’ÊTRE (c’est à dire, ses valeurs, ses qualités, ses connaissances…), auquel est directement lié le CARACTÈRE de la personne, source à 90 % du leadership, comme nous l’avons vu précédemment.
- Le FAIRE, ou la capacité à être un exemple, est lié à l’ÊTRE, PREMIER PRINCIPE, puisqu’il appelle aussi à des valeurs.
- le VOIR vient ensuite : à présent le leader acquière la capacité de la VISION car il connaît dès lors et parfaitement les réalités du milieu d’ouvrage (informations complètes et programme d’action réaliste).
- Et, le DIRE, à la fin : ici, le leader acquière la capacité de TRANSMETTRE clairement aux fins d’exécution grâce à l’apprentissage des techniques de communication.
Petite précision : VOIR et DIRE sont caractérisés par des outils, des fonctions, des techniques du management et représentent ainsi des apprentissages opérationnels.
Ces quatre principes doivent s’harmoniser entre eux, d’une part, et avec les différents besoins circonstanciés, d’autre part, à savoir :
- les besoins du projet, de la mission… (but, programme, tâches, qualité, rythme…),
- les besoins des collaborateurs (problèmes personnels, valorisation du travail, reconnaissance des personnes, formations…) et
- les besoins du groupe, du service, de l’équipe, de la famille… (clarification, correction, motivation, communication…).
Étant donné que 90 % d’un bon leader provient de son CARACTÈRE, lequel est directement lié à l’ÊTRE, nous allons développer à présent uniquement l’aspect ‘ÊTRE’ de son CARACTÈRE en mettant totalement de côté les aspects techniques du management, à savoir : le ‘voir’ et le ‘dire’. Sur ces derniers points, nous renvoyons le lecteur à la multitude d’ouvrages et de sites Internet existants.
Très bon article d’introduction. J’ai apprécié votre style d’écriture 😉
Concernant le style de leadership-servant, je suis d’accord sur le fond, mais n’est-ce pas utopique dans un monde gouverné par le capitalisme et l’égoïsme?
Pour accéder à ce style de leadership, faut-il avoir du plaisir à conduire pour l’action en soi et non pas sur les résultats?
Au plaisir de vous lire.
Julien
La question de fond est : comment rendre topique ?
Vaste programme !
Néanmoins, je sais que les plus longs voyages commencent toujours par un premier pas… Martin Luther King, le Mahatma Gandhi, Robert Badinter, Winston Chrchil, Mahomet, Bouddha ou Jésus, dans des domaines plus philosophique et religieux, ont été, à mon sens, des leaders-servant… à nous, peut-être, d’emboiter le pas…
Comme vous l’avez certainement constaté, il y a peu de bons leaders et beaucoup beaucoup beaucoup de leaders que j’appellerais « fonctionnels » (remarquez, au passage, mon insistance sur le terme : beaucoup !). Autrement dit, des leaders dont le leadership est une fonction engendrée de fait par leur management ! Mais, au-delà du terme leadership, est-ce vraiment du leadership ?
Pourtant, vous voyez fleurir, ici et là des formations (fabuleusement chères, d’ailleurs) qui vous promettent de devenir un leader en quelques jours, parfois en quelques heures… Pour ma part, je reste sceptique… J’ai largement plus confiance dans des formations qui intègrent le leadership dans une démarche d’amélioration de soi. Par exemple :
Que voulons-nous être : un grand leader (ou un tout petit leader aussi, bien entendu !) ou un leader d’excellence ?
Quant à la notion de plaisir, elle est très personnelle. Cependant, dans notre sujet, il n’y a aucun dessein visant le plaisir dans l’action pour un leader d’excellence. Même si, finalement, nous recherchons toujours, quand même un peu de plaisir (souvent secrètement, d’ailleurs !)… Et nous en trouvons quelquefois !
Pour formuler ma pensée différemment : je sais bien, qu’en tant qu’être humain, nous avons besoin de satisfaction et de reconnaissance mais, les leaders d’excellences ne visent pas le plaisir dans leurs actions. En fait, il sont souvent seuls, tiraillés, isolés, en perpétuel doute mais ils s’appellent : Luther King, Gandhi, Churchill…
Vous l’aurez compris : être en tête et conduire les autres n’est pas la même chose. C’est un (gros) travail sur soi ! Même pas peur !
A vous lire
Jean-Marc
Le leadership se centre sur les objectifs : quelles sont les tâches à accomplir ?‘
L’article commence par ces mots et il sont fondamentaux. Un des traductions de leadership est direction et management gestion de la direction, soit un capitaine et sa barre. Est-ce utopique ? Je ne le crois pas, serions capitaine sans barre ?
Bien sûr, tout le monde n’est pas Churchill, Gandhi, grand personnage spirituel ou prix Nobel de la Paix, pour autant chacun à son niveau peut faire cette distinction subtile entre les deux termes.
Avoir du caractère, ce n’est pas l’idée générale circulante qui consiste à écraser ou imposer aux autres sa vision du monde, c’est (comme le précise l’article) la capacité de mettre en pratique les valeurs humaines, associer les différents caractères vers une direction commune. Je rejoins Jean-Marc à propos des formations, être leader ne s’apprend pas pour moi dans les livres, les formations (par des formateurs qui peut-être ne le sont pas non plus), mais par une découverte de soi même, une volonté d’enrichissement humain par le dévouement et l’humilité, l’envie de retransmettre à l’autre.
Je le conçois, l’exercice n’est pas simple car tout concours à l’inverse (y compris sur nous-même), seulement après tout la nature a confié à l’Homme une intelligence.
Libre à lui de s’en servir … et si chacun essayait, quel effet cela ferait-il ?
En effet lorsque vous citez Stevenn COVEY, selon :
‘Le management se fixe sur les moyens : comment accomplir au mieux certaines tâches ?
Le leadership se centre sur les objectifs : quelles sont les tâches à accomplir ?‘
… tout dépend de la stratégie élaborée en amont de toute action ; le stratège conçoit, pense, élabore, conceptualise … mais se doit concomitamment de « pré-dire » – dans l’acception « dire avant » – les tactiques qui seront mises en oeuvre sur le terrain en vue de tendre vers- et d’obtenir l’efficacité.
Au niveau du terrain, certains feront preuve de leadership et mèneront leurs équipes au succès dans un élan de dépassement collectif ou individuel, d’autres ne feront que manager, à savoir gérer les résultats obtenus par l’équipe ou chaque individu.
Mais à mon sens, la place de l’heuristique est la phase précédant directement l’holistique, car la recherche de la connaissance de soi prime – dans l’espace et le temps – sur la généralisation de l’apport de chacun au collectif …
…. si tant est que cela s’avère possible, sauf à confronter les résultats de chaque « introspection » et à pratiquer un « moulinage » qui ne pourrait qu’aboutir à une bouille cognitive … donc à réintroduire une tendance à la moyenne .. dont on sait qu’elle n’est pas facteur de développement ni la performance ni de l’efficacité !!!
Quant à la formule : « leadership = capacité + EFFICACITÉ »,
permettez-moi également de vous en proposer ma version, selon :
« ART x PUISSANCE —>> EFFICACITE »
… vision plus dynamique et plus complète que celle découlant de Lord MORAN … mais cela n’engage que moi, bien entendu.
Alors, bien sûr, le leader est idéalisé dans l’article , c’est un leader d’excellence. Il me semble pourtant qu’un but élevé tire vers le haut. Et un but élevé ne peut être atteint que par l’Être d’une personne, en l’occurrence, le leader.
Ceci dit, j’entends bien que vous proposez une étape préalable à la Vision qui serait, en quelque sorte, la Stratégie. Il faut que j’y réfléchisse.
Par ailleurs, j’aime beaucoup votre proposition d’intégrer l’art dans la définition du leadership. Comment voyez-vous la prise en compte de cette dimension ?
Sur le premier point ‘abordé’ par le capitaine : « Il me semble pourtant qu’un but élevé tire vers le haut. Et un but élevé ne peut être atteint que par l’Être d’une personne, en l’occurrence, le leader »,
Oui pour ce qui concerne le fait qu’un but élevé tire vers le haut,
… mais permettez-moi de n’être pas en symbiose avec la suite, car pour moi, le but élevé ne sera atteint que par la synergie globale et « inconditionnelle » de l’équipe constituée par le capitaine – quel que soit son âge par ailleurs 😉 –
… mais également par les officiers, les sous-officiers … et jusque là nous sommes d’accord …
mais aussi et surtout par les membres d’équipage, lesquels doivent être concernés au premier chef car, en définitive, effectuant la manœuvre.
Dans le cas d’antagonisme des membres d’équipage, ne risque-t-on pas d’aboutir – à l’extrême je vous l’accorde – à une mutinerie ? … ce qui serait dramatique pour tous les partenaires parties prenantes dans la manœuvre .. à commencer par le capitaine lui-même.
Donc, à mon sens, la stratégie doit être élaborée en premier lieu, et il n’est pas (encore ?) ici question de pouvoir …
… Puis vous soulevez le fait « d’intégrer l’art dans la définition du leadership » au travers de la formule que j’ai transcrite lors de mon dernier post, que je retranscris de nouveau ici :
« ART x PUISSANCE —/>> EFFICACITE »
En effet, l’ART est le génie indivisible d’un acteur social qui sait accommoder « Exister » et « Pouvoir » (c’est-à-dire la PUISSANCE) dans le temps – lequel représente la notion fondamentale pour ces deux attitudes que sont « Exister » et « Pouvoir » – …
… l’objectif de cette « recette » étant d’obtenir l’efficacité escomptée.
L’art toutefois se décline selon deux phases opératoires selon : ART = S X T
1/ le facteur stratégique, lequel anticipe et prépare l’action (S),
2/ le facteur tactique (T) qui pose l’action en situation, dans le face à face de le relation concrète.
Dès lors que vous vous interrogez selon : « Ceci dit, j’entends bien que vous proposez une étape préalable à la Vision qui serait, en quelque sorte, la Stratégie. Il faut que j’y réfléchisse », …
… la Stratégie fait donc bien partie – à mon sens du moins – de la première phase d’élaboration concrète de la vision du Capitaine et, même si elle n’est pas l’égale de la vision dans le temps, elle fait partie intégrante de la vison, car son prolongement direct,
… au même titre que le bras est l’organe qui prolonge la tête tout en agissant concomitamment en vue de mettre en oeuvre le « Comment ? » en passant par la Stratégie = le « Pour quoi ? », et ce dès lors que la vision a déjà posé le « Pourquoi ? »
A vous lire
Il peut être parfois instructif de revenir à l’origine des mots pour en comprendre le sens :);)
leader = chef, Führer, … à ne pas confondre avec : maître, gourou, …
Manager : gérer, gestionnaire, …
Le premier PAS n’est-il pas de construire sa vision stratégique, puis de transformer cette vision en un Plan d’Actions Stratégique … le premier PAS vers demain ?
Par contre je n’ai pas trouvé de lien sur les émotions, qui pour moi et le lien, la source de notre sérénité 😉
Bien à vous