Mai 152014
 
Cet article a été mis à jour le 2 août 2017
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Dossier changement Homme Zen ISRILe changement : Des organisations à l’individu… et vice versa ! (1re partie)

LE CHANGEMENT PERSONNEL : LES CLEFS
(3me chapitre)

TROISIÈME PARTIE
Chapitre 3 sur 3
Même si nous aborderons en détail le changement personnel en lien direct avec le changement organisationnel dans la deuxième partie, il nous semble utile d’en brasser, dès à présent, les grandes lignes pour en comprendre les fondements. Nous aspirons tous à ne plus souffrir, à accomplir nos projets ou simplement à être heureux. Pour cela nous sommes prêts à changer notre vie en effectuant diverses démarches, par exemple, de thérapie, de formation, de développement personnel. Parler de changement personnel suppose un questionnement sur soi : qui suis-je ? quel sens a ma vie ? puis-je réellement changer ? etc.

 

A. Le changement personnel, la transformation de soi pour un mieux-être : les clés

LE CHANGEMENT PERSONNEL : LES CLEFS

le changement personnel : les clefs

A. LA TRANSFORMATION DE SOI POUR UN MIEUX-ETRE : LES CLEFS

1) les moteurs du changement

Il ne faut pas se leurrer, le changement personnel est favorisé par l’ensemble des éléments de la relation (interpersonnelle, avec soi, environnementale, thérapeutique…), du cadre et du processus engagé. Néanmoins, certains mécanismes transversaux sous-tendent des processus communs par lesquels les thérapies provoquent le changement, par exemple :

  • la libre expression qui favorise la désinhibition et l’affirmation de soi,
  • la régulation de ses émotions qui permet une ouverture à soi,
  • la confrontation et l’acceptation,
  • la prise de conscience qui autorise la mise en relation de faits disjoints,
  • la modification comportementale,
  • la transformation de ses représentations,
  • l’éducation et la formation qui permet de gagner son autonomie et construire son identité

2) Pouvoir et rôle des émotions

Nos automatismes sont bien commodes. Ils permettent à nos comportements physique et intellectuel d’être rapides et adaptatifs. Ils rassurent, ils procurent un sentiment de contrôle générant des sensations positives.

Mais, ils sont généralement plus efficaces sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif, sur nos comportements contrôlés et réfléchis.
En effet, sur le plan qualitatif, notamment dans les relations interpersonnelles, nos automatismes sont souvent inappropriés car ils fonctionnent comme des photocopieurs, des stéréotypes.

Changer nécessite donc de se débarrasser de ses automatismes et d’éveiller de nouveaux comportements. Ainsi, les comportements ne sont pas uniquement déclenchés par la situation mais aussi par un élément décisif du déclenchement des comportements : l’émotion.

Les émotions se situent en amont du savoir, du pouvoir et du vouloir, sauf erreur (le débat est ouvert !)

En fait, la prise en compte des émotions est incontournable pour favoriser les changements. Mais, une « émotion » n’est pas n’importe quelle sorte de sentiment, d’humeur ou de sensation.

Une émotion doit se manifester sur le corps sur de nombreux aspects : sudation, rougeur, accélération cardiaque, pâleur, mouvements (de protection, de fuite…), tremblements…

Une émotion doit être liée au temps : une « tristesse de trois secondes » et une « surprise qui dure six mois » sont irréelles.

Elle doit aussi varier en intensité : d’une petite peur à la terreur en passant par la frayeur.

Enfin, une émotion doit se produire à partir d’un « déclencher », précisément, à partir d’une cause et d’un objet : une idée à laquelle on pense, une personne, une chose, une situation…

Pour résumer, favoriser les processus de changement passe par la prise en compte impérative des émotions. Précisément, pouvoir les nommer, les gérer, les reconnaître par une bonne lecture et un bon contrôle émotionnel.

3) Peur de l’erreur VS image positive de soi

Avec cette opposition de la peur de l’erreur avec l’image positive de soi, nous voilà au cœur des émotions : Qui parle facilement de ses erreurs ? Qui en parle souvent ? Que se passe-t-il lorsqu’on en parle ?

Reconnaître ses erreurs s’accompagne d’émotions pénibles, mais nous savons tous que, même si elles sont formatrices, nous devons faire des efforts pour en réduire la marge. Cet apprentissage par erreurs et essais laisse pourtant la priorité, très souvent, à l’image positive de soi.

Or, donner la priorité à l’image positive de soi ne facilite pas la tâche du changement car elle suppose du contrôle, des résultats correspondant aux attentes, de l’efficacité, du plaisir ressenti et toute contradiction à ces attentes déclenche une tentative d’évitement afin de réduire l’émotion négative ainsi causée.

Ce souci permanent de contrôler une image positive de soi est, en conséquence, un obstacle au changement. Il est donc important de connaître son niveau émotionnel à ne pas dépasser pour favoriser l’apprentissage d’un nouveau comportement.

A retenir ISRIPour parvenir à réduire les effets anxiogènes de la perte de l’image positive de soi et de la peur de l’erreur, il nous faut pouvoir moduler notre niveau émotionnel et/ou sa progression de l’apprentissage par erreur et essais. Par exemple, des changements/étapes intermédiaires, de moindre importance, permettant des résultats plus immédiats, peuvent déclencher des émotions positives car ils génèrent une levée de la difficulté de changer et l’affermit dans la durée, notamment lorsqu’il s’agit de changer de comportement. Bref, vous l’aurez compris :

En l’absence d’émotion il n’y a pas de changement !

Pour s’en convaincre, voici une vidéo de 46 minutes mettant en évidence les résistances individuelles au changement avec beaucoup d’émotions.(1)Guy Corneau- Atelier sur la résistance au changement.

Voyons maintenant quelles méthodes de changement pourraient nous aider dans notre quête. Le sous-chapitre suivant en aborde quelques-unes.

B. Bien choisir sa psy-discipline

Dossier changement choisir sa psy-thérapie ISRIB. BIEN CHOISIR SA PSY-DISCIPLINE

Ce qui frappe au premier regard c’est la multiplicité des psychothérapies. Cette multiplicité est trompeuse car, en fait, il est possible de distinguer ce qui relève de techniques de développement personnel et ce qui relève des psychothérapies proprement dites qui sont plutôt des méthodes de traitement des troubles psychiques.

« Quel sens a ma vie ? » La psychothérapie cognitive a pour but de changer la vision du monde et de soi-même ; par exemple, à transformer un échec en une source d’apprentissage.

Lorsqu’on se demande « qui dirige ma vie ? », c’est plutôt la psychologie qui y répond en abordant la notion de locus de contrôle interne ou externe. Locus interne pour ceux qui considèrent que leur vie dépend d’elle-même, locus externe pour celles qui se voient le jouet des événements.

C’est aussi en faisant appel à la psychologie que l’on aborde l’image de soi, l’identité, le sentiment d’être unique et les aspects émotionnels et affectifs de sa personnalité pour repérer ce qui est conservé malgré les changements. C’est une des réponses à la fameuse interrogation : « Qui suis-je ? ».

En thérapie cognitivo-comportementale on cherchera à savoir « qui se cache en moi ? ». C’est une méthode permettant d’identifier ses pensées automatiques afin de prendre conscience de ses émotions et les réguler, par exemple, lors de situations difficiles.

C’est encore avec la thérapie cognitivo-comportementale que l’on pourra répondre à la question « puis-je changer réellement ? ». Pour exprimer la chose de manière plus claire, le modèle cognitivo-comportemental s’appuie, entre autre, sur les théories du conditionnement et de l’apprentissage. Il agit par déconditionnement et restructuration cognitive. Ainsi, ce sont développés de nombreuses techniques pour apprendre ou désapprendre car comprendre ses problèmes est une chose, acquérir de nouveaux comportements pour les réduire (donc pour changer) en est une autre !

En psychanalyse (Jung, Freud, Lacan, Klein…), c’est la parole qui veut faire surgir les affects refoulés afin de s’en libérer.

La formation (personnelle ou individuelle) est aussi une thérapie important du changement, même si son aspect est souvent informel. En effet, pour B. Chalot (professeur en sciences de l’éducation, Paris VIII), « les savoirs prennent un sens pour l’individu dans le cadre d’une dynamique complexe, intégrant son psychisme, son enracinement familial, sa culture sociale à l’origine de ses motivations ».

Il existe, aussi, le modèle interactionnel qui se situe au niveau de la communication et des relations interpersonnelles. On y trouve, l’analyse transactionnelle, la gestalt-thérapie, l’approche systémique…

N’oublions pas, aussi, les psychothérapies d’inspiration diverses, par exemple, la relaxation, le massage, les pratiques groupales, la visualisation, le jeu dramatique, etc.
Dossier changement Homme Zen ISRIEnfin, si vous optez pour l’auto-développement personnel, testez préalablement vos capacités et éprouvez vos talents. Imposez-vous la rigueur absolue car la complaisance est une erreur qui ne pardonne pas.

Fixez des objectifs réalistes, réalisables et les plus précis possible. Évitez les revendications imprécises telles que : « m’arrêtez de fumer », « me sentir mieux dans ma peau »

A retenir ISRIBâtissez, plutôt, des plans d’action ciblés et mesurables, tels que « je ne fumerai plus en buvant un café », « avant deux mois, je demanderai une augmentation de salaire », etc.

Auto-évaluez-vous régulièrement à partir de faits objectifs, quantifiables, vérifiables. Bannissez les simples impressions et vous ne confondrez pas auto-développement avec auto-illusion !

Ne voilez pas les difficultés, affrontez-les, évaluez vos limites. Dès lors que vous sentez qu’il y a résistance, et elles surgissent immanquablement, reprenez l’étude des fondamentaux de votre auto-méthode (probablement constituée à partir de vos lectures). Si la difficulté persiste, recourez à une aide extérieure.

C. Conclusion de la première partie (chapitres 1-2-3)

C. CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE (chap.1-2-3)

Les sciences humaines démontrent aujourd’hui la place cruciale des comportements et des rationalités individuelles dans le changement organisationnel.

Pour réussir un changement organisationnel, toutes les parties prenantes doivent changer. Pour changer il faut apprendre à se heurter à ses émotions.

Dans la deuxième partie, nous reviendrons sur le changement personnel pour en déterminer les causes liées à l’individu. Puis, dans une troisième partie très pratico-pratique, nous élaborerons un « guide de survie » pour conduire le changement dans les meilleures conditions possibles… et le réussir !

Pour en savoir +

Notes de l`article   [ + ]

 Publié par le 15 mai 2014

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  Une réponse sur “le changement personnel : les clefs”

  1. Merci Jean-Marc pour cet article très intéressant.
    Quel est le sens de ma vie, Qui la dirige ? Puis-je changer réellement ? Ces 3 questions amènent également d’autres interrogations qui peuvent faire évoluer notre réflexion :
    – qu’Est-ce que je gagne à changer ?
    – qu’Est-ce que je perds à réaliser mon objectif ?
    – Qu’Est-ce que je perds si je ne la réalise pas ?
    – Quelles solutions j’envisage sur les valeurs que je perds ?

    En effet, se construire est en quelque sorte une déconstruction. Il est ainsi fondamental de ne pas perdre son fil …

    Pascal