Juin 042013
 
Cet article a été mis à jour le 21 juillet 2017
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Changement personnel ISRI - Photo Desir espoir espéranceCHANGEMENT PERSONNEL :
Aspirations du salarié :
désirs, espoirs, espérance
trois notions successives ?

Cet article décrit trois notions caractérisant les aspirations des salariés dans le processus de changement organisationnel, ceux de désir, d’espoir et d’espérance(1)Le lecteur peut lire le résumé du Café Philo des Phares, paru le 21 février 2010.. Il cherche, aussi, à déterminer si ces trois notions sont ou non successives pour une meilleure conduite du changement. Pour y parvenir, l’auteur s’appuie sur le bilan d’une mission réalisée auprès d’une association loi 1901, en 2006 (cette mission a fait l’objet de 197 pages de compte-rendu et de 149 pages d’entretiens et de réunions).

 

Les désirs : une raison du bien-être
Les espoirs : une bonne raison pour développer un projet
L'espérance : une raison de vivre
Synthèse des trois notions : de la succession au lien intime

Pour en savoir +

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  5 réponses sur “(le changement personnel) aspirations : désirs, espoirs, espérance, trois notions successives ?”

  1. Martin GYSLER (commentaire ISRI)Quelle différence y a-t-il entre « Espoir » et « Espérance » ?
    Vu que ce sont des synonymes.

    • Soulairol Jean-Marc (ISRI)Martin,
      Remarquons préalablement que « espoirs » peut être pluriel alors qu’espérance se trouve uniquement au singulier.
      Je propose, sous toutes réserves, l’explication (que j’ai adoptée) suivante :
      Il me semble que les espoirs sont statiques (on attend que quelque chose arrive avec confiance) et que l’espérance est dynamique (on participe à ce que quelque chose arrive).
      Bien évidemment, s’il est facile de déterminer « l’attente », il est moins aisé de déterminer la « participation » : comment participe-ton ? Est-ce que prier est une participation, par exemple ?
      En ce sens, espoirs et espérance ne sont pas tout à fait, tout à fait, synonymes (prononcez « tout à fait, tout à fait synonymes » en entrant la tête sur les épaules et en pointant le pouce et le majeur réunis comme si vous vous apprêtiez à poser un point très très fin sur une feuille de papier tout en vous crispant pour contrôler vos mouvements afin de ne pas en rater la calligraphie).
      C’est très très subtil, j’en conviens !
      Je ne voudrais pas trop m’engluer, néanmoins je reformule :
      Les espoirs sont pris entre une perception individuelle des paradigmes et l’individualité intime de chacun. C’est une préoccupation passive attendant de passer d’un état vers un autre état. Ceci dit, les espoirs portent en avant malgré cette passivité.
      L’espérance est une posture plus globale de tout l’être, elle permet de garder une « raison de vivre » au-delà des échecs, des désillusions et des espoirs déçus. Elle motive, elle engage, elle implique. L’espérance est une aspiration dynamique et courageuse de réalisation. Elle est à la fois de l’agir individuel et de l’éprouvé commun. Elle autorise la transformation, le changement, l’appréhension du monde (pour paraphraser Louis Dumont : « être dans le monde »). N’oublions pas, enfin, que l’Espérance est une vertu théologale dont un des objets est la participation à la gloire de Dieu.
      Du côté de la sociologie, Paul-Henri Chombart de Lauwe nous dit : « un homme ne se porte jamais entièrement seul vers un but ou vers un état qui lui semble meilleur que le sien actuel. Du simple désir à l’espérance, les hommes se trouvent de plus en plus impliqués dans un mouvement d’ensemble qui les prend tout entiers sans qu’ils puissent toujours distinguer nettement ce qui différencie leurs désirs, ce qui relie leurs espoirs, ce qui les unit dans l’espérance » (P-H Chombart de Lauwe, pour une sociologie des aspirations, Ed° Denoël/Gonthier, 1971, p.38).
      Bon, maintenant si je cherche sur Wikipedia, voilà ce qui est dit :
      « Espérance : action d’espérer ou résultat de cette action. Se différencie du synonyme « espoir » [synonyme, donc mais différent, puisqu’il se différencie ! ndlr] qui s’inscrit dans le quotidien humain, matériel par sa dimension escathologique. » (http://fr.wiktionary.org/wiki/esp%C3%A9rance )
      En vous remerciant de me faire part de votre avis.
      Bien à vous.

  2. Martin GYSLER (commentaire ISRI)WOW, c’est ce que j’appellerais une explication étoffée 😉
    La définition (je vous le concède volontiers, bien plus simple) sur l’internaute dit : espoir, nom masculin
    Sens 1 Fait d’attendre, d’espérer. Synonyme espérance Anglais hope
    Sens 2 Objet de cette attente.
    et, il s’agit donc bien d’un synonyme.
    Cela dit, je peux également vivre avec votre approche, du moment que vous êtes en mesure de l’interpréter dans un sens constructif, ce qui semble être le cas.
    Merci pour la réponse.

  3. Fabrice SPADAEst-ce que les aspirations d’un salarié confronté au changement ne peuvent pas se résumer par une seule notion : le « sens donné au changement » ? En effet, le sens perçu par l’individu lors d’un processus de changement résume selon moi ses espoirs, ses espérances et ses désirs. Cela signifie également que l’individu est acteur et maître du changement qu’il nourrira ou, au contraire, qu’il bloquera selon sa perception du futur après ledit changement.

    • Chareyre Brigitte Consultante ISRI - Photo 3Votre question est pertinente Fabrice, elle appelle à des notions de fond de perceptions et de valeurs personnelles, de valeurs intrinsèque (nous ne parlons bien évidemment pas de valeurs communes, compatibles, culturelles liées à l’organisation). A ce titre, je vous invite à prendre connaissance de l’article ISRI sur les valeurs.

      Mais surtout, je vous conseille de prendre connaissance de l’article ISRI sur les manières de faire des salariés dans les organisations
      Néanmoins, il me semble que si parfois (peut-être même, souvent !) le salarié se trouve dans ce cas, il doit bien exister quelques autres situations indépendamment du sens donné. Cet article en aborde plusieurs.
      Ceci dit, ce qu’il faut finalement retenir c’est que les aspirations du salarié dans le changement organisationnel peuvent se décliner en trois dimensions :

      • le désir, qui s’attache à l’être ;
      • les espoirs, qui caractérisent les raisons d’une dynamique à construire ;
      • l’espérance, qui donne une raison d’action.

      Je pense que c’est cet aspect général-là en trois dimensions qu’il faut garder à l’esprit comme un socle de réflexions préalables pendant une conduite du changement . Puis, à partir de l’intégration de ce socle de réflexions en trois dimensions, il devient possible de décortiquer les situations d’adhésion ou de résistance, pour ne citer que ces valences.
      PS : pour mémoire, en psychologie, une valence est une attirance ou une répulsion qu’éprouve un sujet à l’égard d’un objet ou d’une activité. Dans notre sujet, la valence est soit positive, soit négative du point de vue de l’organisation car une résistance, valence à priori négative, peut être considérée comme positive car elle peut, par exemple, mettre en exergue des difficultés. Au contraire, la valence d’action, à priori positive, peut être un frein (chemin faisant) si elles est aveuglée par un enthousiasme exacerbé, du genre : « c’est super, je sprinte la tête dans le guidon ! » (par exemple).